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Septembre 2003 Nº16 Ed. resp. : E. J. Crema COUCHEPIN: DEMISSION Nous étions plus de 30'000 le 20 septembre 2003 pour signifier à la classe dominante de ce pays que nous ne permettions par le hold-up social que représente à 11ème révision de l’AVS. C’est une attaque contre l’ensemble des travailleurs, des chômeurs et des jeunes. Une tentative politique qui tente de nous ramener à des conditions de vie et de travail semblables à celles d’avant la deuxième guerre mondiale. Cette mobilisation était forte malgré l’ambiguïté de l’appel lancé par la direction de l’USS, qui nous a fait monter à Berne uniquement pour qu’elle puisse annoncer aux manifestants qu’ils pensent que c’est par un référendum qu’ils arrêteront l’offensive de la classe politique qui gouverne ce pays. C’est là que le bât blesse, c’est là que les dirigeants de l’USS et Mme Brunner démontrent une fois de plus l’incapacité à comprendre l’ampleur de l’offensive antisociale et donc leur refus à organiser les luttes qui nous permettraient de résister. Il sera extrêmement difficile par référendum de stopper cette attaque contre l’AVS. Nous connaissons la capacité du Conseil fédéral et des partis gouvernementaux à manipuler l’opinion lors des initiatives, référendums et votations. Seule la préparation immédiate d’une nouvelle manifestation beaucoup plus large et un débat sur la question d’une grève générale qui pourrait mobiliser l’ensemble des salariés et non salariés suisses et immigrés, donneraient peut-être une chance à une victoire en votation à un référendum. Or, aucun des dirigeants de l’USS n’a émis des consignes dans ce sens. Pire que cela, ils se sont permis d’utiliser la tribune officielle pour lancer des appels pour se faire réélire aux prochaines élections fédérales. Il faut donc que dès aujourd’hui les militantes et militants se mobilisent au sein des syndicats et des partis de gauche ou d’autres types d’organisations pour exiger la démission de Couchepin et la préparation d’une nouvelle manifestation, ainsi que du lancement du mot d’ordre d’une grève générale nationale pour stopper ce braquage contre l’AVS. Car à quelques semaines des votations fédérales et cantonales, il est à constater que nous assisterons sans doute à un renforcement de la droite extrême dans ce pays. La direction nationale du parti socialiste, par une série de déclarations totalement irresponsables qui laissaient entendre qu’ils seraient prêts à accepter un 2ème siège pour l’UDC au sein du Conseil fédéral, n’a fait qu’apporter de la confusion dans le débat. Au contraire, il aurait fallu affirmer que l’UDC, parti pseudo-agrarien, en réalité parti de milliardaires et patronal, doit être combattu depuis la rue et les postes de travail jusqu’au Conseil fédéral. Parce que le racisme, la xénophobie et l’exclusion ne sont pas des idées démocratiques et violent la lettre et l’esprit de la Constitution fédérale en vigueur. Et nous voyons que face à cela, les autres partis bourgeois s’y adaptent par peur de perdre des voix. La direction nationale du parti socialiste fait de même. Face à la montée du chômage, face à la montée croissante des inégalités, face à l’augmentation du nombre de personnes qui émergent aux différentes formes d’aide sociale, il est important de résister par toutes les formes que la démocratie permet. Sans oublier qu’il y a encore quelques semaines, le Conseil fédéral et les autorités cantonales n’ont pas hésité à mobiliser une partie de l’armée suisse même au niveau de l’état-major, une grande partie de la police allemande ce qui montre à la fois leur compréhension de la neutralité et de la souveraineté nationale pour tenter de briser un début de construction d’un mouvement altermondialiste, socialiste, solidaire et démocratique dans ce pays. Nous avons vu lors des événements du G8 les ambiguïtés dans lesquelles se meuvent les dirigeants électoraux de la gauche socialiste et écologiste ; il est même difficile d’oublier le volte-face du dirigeant popiste vaudois qui, manifestement, ne comprend pas ce qu’engendre la violence dans nos sociétés mais qui, par contre, n’oublie pas qu’il a besoin des voix de la social-démocratie pour être réélu. Pour cela, il n’a pas hésité à se distancer en utilisant un vocabulaire de social-démocrate vaudois vis-à-vis de ses anciens camarades. Dans ce contexte, néanmoins, il serait erroné de ne pas influencer dans le débat électoral ; il faut y participer pour mettre en avant des thèmes prioritaires pour améliorer la vie des citoyens. Il faut se battre pour un abaissement de l’âge de la retraite, pour des rentes dignes, pour une véritable assurance maternité, pour empêcher la fermeture des postes, pour créer des postes de travail, contre toutes les montées des autoritarismes dans les entreprises, pour les droits syndicaux aussi bien dans la fonction publique que dans le privé, pour une école démocratique où nos enfants pourront se former et apprendre à devenir des citoyens libres. Sans oublier qu’il y a dans nos sociétés des groupes défendant des théories totalitaires, qui utilisent les quelques espaces démocratiques pour préparer des futurs cauchemardesques. Sur ce sujet, n’oublions pas que le 1er août des groupes nationalistes faisaient le salut hitlérien face à des conseillers fédéraux qui semblent avoir pour ces gens-là un respect qu’ils n’ont pas pour les altermondialistes. Il est évident que c’est une imposture de faire croire aux gens qu’en votant dans un système où les représentations sont de plus en plus faussées par les jeux de l’argent et du spectacle, leur vie s’améliorera. D’un autre côté, nous savons bien combien l’emprise électoraliste est forte en Suisse ; il ne faut donc pas appeler au boycott lors des élections prochaines, sous peine de faire le jeu de la droite et de leurs contremaîtres socialistes et alliés écologistes. Tâchons donc de ne pas tomber dans les pièges de l’abstention. Ceci pose évidemment le problème de savoir pour qui voter. Qui sont les femmes et les hommes qui peuvent représenter plus ou moins les véritables intérêts des classes dominées. La construction d’une nouvelle société réellement démocratique nécessite un nouveau débat citoyen pour savoir quelles sont les formes de représentations acceptables et elles devraient être toujours accompagnées d’un droit de réelection mais aussi de révocation de représentants, en tout temps. Mais ceci ne peut être qu’un débat à avoir lors de chaque lutte et dans tous les mouvements. Dans le contexte présent, nous appelons donc à voter sans illusions pour Jean-Michel Dolivo CAS, Collectif pour une alliance socialiste- au Conseil National, pour Marianne Huguenin au Conseil des Etats et pour Josef Zisyadis POP et Gauche en mouvement- au Conseil d’Etat. Car même si nous considérons que ce dernier dirigeant popiste et son groupe lausannois ont commis d’énormes erreurs lors de la mobilisation contre le G8 en criminalisant une partie du mouvement, nous osons espérer qu’il doit être possible de se retrouver sur le terrain des luttes car UNE AUTRE SUISSE EST POSSIBLE. E. J. 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