Mars 1997 Nº9

Ed. resp. : E. J. Crema

Livre 

L'or des nazis, une mystérieuse banque zürichoise et Eva Peron. L'historien américain Glenn I. Infield, dans son livre intitulé "Skorzeny, chef des commandos de Hitler", Editions Pygmalion, Gérard Wattelet, Paris, 1984, se basant sur des documents inédits retrouvés dans les archives de Washington D.C., de la C.I.A., du F.B.I., des National Archives, du Centre de documentation de Berlin, de la Défense intelligence Agency, du Département d'Etat et du Bureau de renseignements et de la sécurité de l'armée des Etats Unis, écrit que des fonds du troisième Reich étaient transférés en Argentine et déposés au Banco Aleman à Buenos Aires. Dans un premier temps, ces fonds arrivaient en Argentine au nom d'un proche d'Evita appelé Ludwig Freude. C'est lors d'un voyage en Suisse que, selon Skorzeny, ces comptes auraient été mis au nom d'Evita dans une banque zürichoise lors de ce voyage de cinq jours commencé le 3 août 1947. En effet, l'ambassadeur d'Argentine de l'époque, Monsieur Benito Llambi, avait obtenu pour Evita une invitation officielle du gouvernement suisse. Pendant cinq jours, elle s'arrêta à Genève, Neuchâtel, Berne, Zürich et St-Moritz; elle fut reçue à Berne par le Conseiller fédéral Max Petitpierre. Il était par ailleurs assis à côté d'elle lorsqu'un jeune suisse qui avait vécu en Argentine lança des pierres et des tomates sur leur voiture. Infield ajoute encore :"Avec la complicité de son mari (Peron), elle réussi tout simplement à convaincre Freude et Dörge qu'il serait plus sûr et de l'intérêt de tous de mettre le trésor à son nom en attendant l'arrivée de Bormann en Argentine". Dans son livre "Eva Peron, la madone des sans-chemise" de Alicia Dujovne Ortiz, Grasset, 1995, elle rapporte ces faits en ajoutant :"Ainsi fut fait. Mais le temps passa, et Bormann ne venait toujours pas à Buenos Aires. Selon Glenn I. Infield, Peron se nomma alors administrateur gardien des biens étrangers, avec l'arrière-pensée bien arrêtée de se les approprier en temps voulu par voie de confiscation. En 1950, selon l'historien, Evita et Juan Peron avaient restitué à Skorzeny un quart environ de ces fonds".
A la mort d'Evita, en 1952, selon A. Dujovne Ortiz, son frère Juan Duarte était devenu l'unique dépositaire du secret des comptes en Suisse. Traqué par Peron et Skorzeny, affaibli par la disparition de sa soeur protectrice, et qui plus est malade, le frère se rendit docilement en Suisse où "il signa des documents qui donnaient à Peron accès à l'argent et aux bijoux d'Evita gardés dans les coffre d'une banque de Zürich ainsi qu'à tous les autres comptes ouverts en Suisse à son nom. C'était signer son propre arrêt de mort". Le 9 avril 1953, sa mort fut rendue publique en Argentine. D'ailleurs, à cette date, quatre autres témoins de cette affaire étaient morts assassinés, dont Rudolf Ludwig Freude. Elle conclut : "Les cinq jours mystérieux d'Evita au pays des horloges pourraient s'éclairer à la lueur de ces faits."
A ces témoignages, nous pouvons aujourd'hui ajouter ces interrogations : si ces faits sont réels, quelle était la mystérieuse banque de Zürich qui transférait ces fonds vers le Banco Aleman de Buenos Aires ? De quels montants s'agissait-il ? D'autre part, quelle était la part transférée en Argentine et quelle était la part qui restait sur les comptes zürichois ? Cette dernière partie pourrait vraisemblablement avoir été utilisée par le veuf Peron lors de son exil espagnol ? Isabel Peron aurait-elle hérité de cet or ? Ou pourrait-il être encore aujourd'hui sur des comptes zürichois ?

France

La presse romande a répercuté de manière ambiguë la catastrophe de Vitrolles, ville où une majorité absolue a porté aux affaires les néo-nazis, ambiguë car cette victoire n'était pas clairement condamnée. Par contre, cette même presse n'a pas cru nécessaire d'expliquer réellement le travail militant qui a permis la riposte, à l'initiative de 66 cinéastes et jusqu'à la marée humaine qui a défilé contre la loi Debré. Cette mobilisation n'aurait sans doute pas eu lieu sans la pétition ou "Appel des 121 noms difficiles à prononcer" qui proposait une marche avec des valises pour protester. Cet appel repris massivement dans tous les secteurs fut l'axe de ralliement des dizaines de milliers de personnes qui luttent pour l'abrogation des lois Pasqua-Debré. Parce qu'il nous a paru exemplaire et qu'aucun journal n'a cru nécessaire de le publier en entier, nous le reproduisons ici à titre d'information et de solidarité.
"L'Assemblée nationale risque de confirmer une loi qui va supprimer des droits essentiels aux hommes et femmes de ce pays : "Toute personne ayant signé un certificat d'hébergement et hébergé un ressortissant étranger, doit informer la mairie de sa commune de résidence du départ de l'étranger accueilli" (art. 1 du projet de loi Debré sur l'immigration, novembre 1996). Cette loi Debré dans le droit fil des lois Pasqua, prend modèle sur les pratiques du gouvernement de
Vichy :"Les personnes qui hébergeront des Juifs, à quelque titre que ce soit, et même gracieusement, devront faire au commissariat de police une déclaration de l'état civil complet des intéressés, dans les 24 heures de leur arrivée" (art. 5 de l'ordonnance du 10 décembre 1941).
Nous, enfants, petits-enfants, arrière-petits-enfants d'immigrés nous nous sentons menacés. Le 22 février à 15h., nous nous rendrons à la Gare de l'Est d'où sont partis tant de nos semblables (Juifs, métèques, Nègres, Tziganes, homosexuels), pour dire que, cette fois, nous savons et ne pourrons jamais dire que nous ne savions pas. Bien que le sort de ceux d'hier et d'aujourd'hui ne soit pas identique, des silences complices seraient les mêmes, qui conduisent toujours à de terribles destins. Nous avons honneur, depuis les héros immigrés de l'Affiche rouge, à porter des noms qui "à prononcer sont difficiles". Prêts au départ, avec nos valises, nous irons de la Gare de l'Est à la préfecture de police, pour demander : A quand notre tour ?"

Didier Agostini, comédien. Jesus Agudo del Poso, technicien. Pierre Aidenbaum, maire du 3e arrondissement de Paris. Ali Aït-Yahia, journaliste. Jean-Claude Amara, secrétaire général de Droits devant. Pierre Arditi, comédien. François Asensi, député-maire, refondateur communiste. Marie-Anne Bach. Jean Baumgarten, sociologue. Blanche Bellon, directrice de recherche au CNRS. Professeur Jacques Belghiti. Docteur Raouf Benbrahem. Houda Ben-Ghagham, enseignante. Jean-Luc Bennahmias (Verts). Annie Benoist-Marandolla, cadre commercial. Daniel Bensaïd, philosophe. Alain Berliner, chanteur. Charles Berling, comédien. Claude Berri, cinéaste. Enki Bilal, dessinateur. Jane Birkin, comédienne, chanteuse. Simon Blumenthal, président d'association. Didier Boucheteau, syndicaliste (SUD-PTT). Jean Brafman, conseiller régional Ile-de-France (PCF). Sophie Bramly. Lydia Brovelli, syndicaliste (CGT). Didier Caroff, syndicaliste (CGT). Henriette Chardak, scénariste (cinéma). Gérard Chemouil, syndicaliste (CGT). Eli Chouraqui, cinéaste. Damia Colson, enseignante. Alain Cyroulnik, éducateur, syndicaliste (FSU). Daniel Czalczynsky, syndicaliste (SNUIPP-FSU). Bruno Dalberto, secrétaire général (CFDT-cheminots). Lydia Edelstein, psychologue. Henriette Erlichmann. Professeur Serge Erlinger. Mohamed Fashahi, philosophe. Sabine Feiltler, cadre d'entreprise. Charles Fiterman, ancien ministre (CAP). Professeur René Frydman. Jean-Claude Gayssot, député-maire de Drancy (PCF). Professeur Eliane Gluckman. Professeur Jean-Claude Gluckman. Docteur Claude Goris-Habachi. Bernard Graglia, infographiste. Docteur N. Haeffner-Cavaillon. Gisèle Halimi, avocate. Marek Halter, écrivain. Alexandre Havel, technicien. Roger Hanin, né Lévy, comédien. Docteur Richard Horowitz. Francine Kahn, chargée de formation. Professeur Marcel-Francis Kahn. Basile Karlinski, journaliste. Docteur Marina Karmachkine. Nicholas Karmachkine, architecte. Professeur Michel Kazatchkine. Pierre Khalfa, secrétaire fédéral (SUD-PTT). Docteur Klatzmann. Sylvia Klingberg, chercheuse. Guy Konopnicki, écrivain. Hélène Koulich-Ghassenlon. Henri Krasucki, ancien secrétaire général (CGT). Alain Krivine, journaliste (LCR). Jean Labib, réalisateur. Mehdi Lallaoui, réalisateur, écrivain. Jacques Lang, ancien ministre (PS). Valérie Lang, comédienne. Professeur Serge Lebovici. Alain Lipietz, économiste, conseiller régional (Verts). Llana Löwy, chercheuse. Michaël Löwy, philosophe. Henri Malberg, conseiller de Paris (PCF). Henri Maler, philosophe. Ludmila Mikaël, née Dmitrienko, comédienne. Juliette Minces, écrivain. Professeur Alexandre Minkowski, conseiller régional. Janine Moranski. Anne-Marie Moulis-Bouallegue. Anne Moussa, enseignante. Véronique Nahoum-Grapp, sociologue. Samy Naïr, universitaire, écrivain. Professeur Albert Netter. Docteur Philippe Otmezguine. Bruno Pena, technicien. Michel Piccoli, comédien. Janette Piekny-Habel, journaliste. Michel Popgoursky, instituteur spécialisé. Maurice Rajfus, écrivain. Serge Reggiani, comédien. Robert Ricciarelli, syndicaliste (SUD-PTT). Catherine Ribeiro, chanteuse. Jean Robrero, responsable de production marketing. Patrick Rotman, écrivain. Michel Rotman, producteur. Rurik-Dmitrienko, artiste-peintre. Catherine Samary, économiste. Raoul Sangla, réalisateur. Fanny Sanz. Jean-Louis Saporito, producteur. Chantal Scemama. Professeur Léon Schwartzenberg. Docteur Annie Sibert. Jeanne Singer, journaliste. Professeur Claude Smadja. Nicolas Smilevitch (ALTERNATIVE CITOYENNE, CAP). Francesca Solleville, chanteuse. Alexandra Stewart, comédienne. Patrick Silberstein, médecin. Victoire Theismann. Alphonse Véronèse, syndicaliste CGT. Roland Verney. Marina Vlady, née de Poliakoff, comédienne. Pierre Wassef, enseignant. Professeur Bertrand Weil. Alexandra Weisgal, traductrice. Docteur Laurence Weiss. Bruno Wolkovitch, comédien. Mohamed Hassen Zouzi-Chebbi. Professeur Jean-Michel Zucker.

E. J. Crema

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